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La spécialité vinicole neuchâteloise, dont la vente débute le 3e mercredi de janvier par une dégustation commune, s’exporte jusqu’au Japon et plaît aux jeunes.
Boire du vin non filtré à Neuchâtel avant le troisième mercredi de janvier équivaut à peu près à prononcer «Voldemort» à Poudlard. Ce chasselas primeur n’est disponible qu’à partir de ce mercredi-là, un point c’est tout, c’est le Conseil d’État qui l’a décidé en 1995, par arrêté cantonal (lire encadré).
Le non-filtré tient son origine d’une mauvaise année viticole et d’un mariage. Début 1975, un citoyen d’Auvernier vient trouver le bien nommé Henri-Alexandre Godet, vigneron, lui réclamant du vin blanc pour une réception.
Comme ses confrères, il n’en a plus. Mais il a l’idée de lui faire goûter au guillon le millésime 1974 en primeur. L’autre adore! Godet tire 300 bouteilles de ce vin pas encore filtré. Il réitère le geste les années suivantes et les vignerons du village lui emboîtent le pas. De plus en plus tôt!
Craignant une compétition de «qui vendra le premier vin de Suisse», le Conseil d’État édicte un arrêté ultraconcis. Il indique que ce vin doit être blanc, mis en bouteille sans filtration, issu d’une AOC neuchâteloise de l’année précédente, ayant fini sa fermentation malolactique. Et, objet de l’arrêté, il fixe le «3e mercredi du mois de janvier» comme date de mise sur le marché.
Pour les puristes, Henri-Alexandre Godet vendait ses vins à La Golée, à Auvernier. La pinte existe encore et vend du non-filtré à la tireuse!
Les vignerons du cru ont su tirer profit de l’interdiction. Ils organisent à cette date-là, depuis le début des années 2010, deux grandes dégustations publiques à Neuchâtel (17 janvier) et à La Chaux-de-Fonds (18) pour lancer le premier vin à être mis en bouteille dans l’année en Suisse, à la manière du beaujolais nouveau.
«Ici, c’est devenu un rendez-vous incontournable», témoigne Martin Porret, vigneron à Cortaillod (NE). Ce qui pourrait s’apparenter à une deuxième Fête des vendanges fait le plein de consommateurs jeunes, friands du «nonf» (petit nom à prononcer avec l’accent). «C’est un produit frais, funky», décrit Sophie Porret, qui vient de reprendre le domaine familial avec son frère.
Élaboré à partir du même moût que le chasselas traditionnel, il est mis en bouteilles deux mois plus tôt, entre Noël et mi-janvier. Ce qui différencie aussi le non-filtré de son cousin, c’est son trouble dû aux fines lies en suspension.
Outre son aspect, les lies modifient son goût et sa structure. Mandarine et pamplemousse s’invitent au nez, voire ananas ou fruit de la passion. En bouche, la fraîcheur domine. Et puis il y a ce gras et cette longueur qui impressionnent, et ces fines bulles de gaz carbonique qu’on retrouve souvent dans les chasselas traditionnels de ce coin de pays. «C’est un vin exubérant!» dit Martin Porret.
«Le non-filtré n’est pas le petit frère du chasselas, c’est un autre vin.»
En fait, le «NF», autre petit nom utilisé par les pros, se différencie presque tout à fait des chasselas traditionnels. «C’est l’inverse d’un chasselas de Lavaux, sourit le vigneron. En tout cas, il ne faut pas chercher ça dans un non-filtré! Ce n’est pas le petit frère du chasselas, c’est un autre vin.» Il dit juste. Ce n’est pas tant le terroir qu’on décèle dans ce chasselas, mais bien les arômes du cépage, connu pourtant pour être peu aromatique.
Ces caractéristiques rapprochent un peu le non-filtré de certains vins nature. Mais quand ces derniers sont forcément bios, le «nonf» ne répond à aucune charte particulière. Ce «léger amalgame» explique sans doute aussi le succès grandissant du non-filtré, indique Martin Porret. «Dans les grandes villes de Suisse alémanique, les gens adorent ça.»
La demande progresse fortement depuis quelques années. Chez les Porret, cela représente 40% du chasselas produit. De 2000 bouteilles il y a cinq ans, ils sont passés à 4000 aujourd’hui. Au niveau cantonal, 150’000 litres sont vendus chaque année, soit 15% du chasselas neuchâtelois. Sur 54 vignerons dans le canton, 37 s’y sont mis.
L’organe de promotion Neuchâtel Vins et Terroir (NVT) met le paquet sur ce vin de saison hors des codes et fédérateur. Un coup de génie marketing confirme son caractère exceptionnel: depuis le millésime 2022, les étiquettes sont imprimées à l’envers, invitant le consommateur à retourner la bouteille – avec un léger mouvement de poignet – afin de répartir les lies.
La spécialité fait partie des rares vins suisses qui s’exportent. «C’est un must au Japon», indique Mireille Bühler, directrice de NVT. On peut aussi en trouver aux États-Unis et en Allemagne. Et depuis deux ans, Swiss en propose à ses clients business durant les mois de janvier et février.
Mercredi 17, 17 h-20 h, Facchinetti Automobiles, Neuchâtel; jeudi 18, 17 h-20 h, Maison du peuple, La Chaux-de-Fonds. Infos et billets (15 fr.) surneuchatel-vins-terroir.ch/non-filtre
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