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À Puisseguin, en Gironde, Didier Le Calvez restructure son Château Clarisse avec le soutien de son associé, l’homme d’affaires Vincent Bolloré. Il mise sur le blanc, et notamment le chardonnay
Didier Le Calvez se définit comme un homme de l’Ouest : issu d’une famille bretonne, né en Dordogne et ayant ses habitudes sur l’île de Ré (17). C’est aussi un professionnel de l’hôtellerie. Il a passé vingt-cinq ans à l’étranger (États-Unis, Asie) puis est revenu au pays pour s’occuper notamment du George V, un palace parisien. Avec son épouse Olivia, ils sont aujourd’hui à la tête de leur groupe hôtelier (OLCM).
« Quand j’ai vu la hausse des grands crus bordelais au début des années 2000, je me suis dit qu’il serait bon d’investir dans le vin pour proposer des bouteilles plus accessibles, de bons rapports qualité-prix. Et puis, j’ai toujours aimé la terre. » Suivront une quarantaine de propriétés visitées partout en France, avant un atterrissage, en 2009, à Puisseguin, aux portes de Saint-Émilion, en Gironde.
Le Château Clarisse – du nom de sa fille – voit le jour. Cinq hectares au départ, une vingtaine désormais, certifiés bio. Avec une ligne directrice : restructurer ! C’est-à-dire arracher des vignes fatiguées pour en planter de nouvelles, sur les terroirs adéquats, et en misant notamment sur le blanc pour se démarquer. Une couleur qui gagne du terrain, ici comme dans le Médoc, autre terroir où le rouge est roi.
Gagner en qualité – avec des équipes récemment renouvelées et l’appui de l’œnologue consultant Julien Viaud –, étoffer et enrichir la gamme et devenir une référence est l’ambition de celui qui a les portraits de son père et de son grand-père accrochés aux murs. Avec tout ce travail de fond sur le vignoble, seulement 11 hectares sont en production actuellement, le reste étant donc de jeunes ceps qui ne produiront que plus tard.
« Tout ça coûte cher et je n’aurais pas pu le faire sans l’appui de Vincent Bolloré. » En effet, l’homme d’affaires breton a ici – à notre connaissance – sa seule participation dans le vignoble bordelais. Déjà actionnaire de Clarisse à hauteur de 23 % depuis 2017, il vient de passer à 40 %.
« Nous avons la même approche à long terme, notamment sur l’essor du blanc. Son soutien a fait gagner quinze ans au développement de Clarisse », précise Didier Le Calvez, qui avait côtoyé l’industriel – par ailleurs propriétaire du Domaine de la Croix, en Provence – du temps du George V.
Le réseau a du bon. De plus, le fait que la famille Rothschild (Ariane) soit également productrice à Puisseguin (Château des Laurets) a peut-être pesé pour ce soutien : ne vient-elle pas légitimer la qualité des terroirs de cette appellation, au demeurant assez peu connue ?
Le tour de la propriété se fait en voiturette de golf. Avec un arrêt obligatoire devant les plantations de chardonnay. Un cépage bourguignon, rare en Bordelais – il n’est pas autorisé dans les cahiers des charges – et qui est le chouchou de la maison. « J’aime ce vin, avec son côté beurré et un joli boisage. Il est aussi une marque mondiale, un atout pour le vendre. »
Le premier millésime doit arriver sur le marché en 2025. Avec l’apport de quelques parcelles de sauvignon blanc et de sémillon, également en attente de production, le blanc pèsera à terme pour un tiers du total. On espère ici que les récoltes futures seront meilleures qu’en 2023 et 2024, millésimes plombés par le mildiou.
Ce blanc, tant attendu, complétera la gamme actuelle de rouge qui, en complément du Château Clarisse (25 euros), compte une cuvée Vieilles Vignes (48 euros) et une autre en Castillon-Côtes de Bordeaux (100 % merlot), une AOC voisine. Une autre cuvée 100 % cabernet franc est également dans les tuyaux. Avec le souhait de proposer des vins à boire assez jeunes.
« Lorsqu’on vend en direct dans une trentaine de pays, mieux vaut proposer plusieurs vins pour intéresser les clients. C’est un travail d’épicier, jour après jour », précise le propriétaire en arrivant à la Villa Héloïse – nom d’une autre de ses filles. Située à proximité des chais, elle compte six chambres top niveau.
Ce lieu, avec ses salles de réception, était autrefois le siège du Château de Môle, reconnu pour ses activités œnotouristiques. Didier Le Calvez veut continuer dans cette voie avec une ouverture 7 j/7 toute l’année. « Cette villa fait partie de notre stratégie de développement. Un client sur deux qui y dort achète du vin. »
Et quel avenir pour Clarisse ? « Je vais faire une pause sur le bio, on perd trop de rendements. On va continuer à se développer à l’international : vu de Shanghai, je vends du saint-émilion, une belle marque. Vin de France – qui sera la catégorie juridique du futur chardonnay – est aussi une belle marque. » L’hôtelier range ses affaires et repart pour Paris. « Je fais tout ça pour mes enfants. »
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