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Le Domaine Rosset, à Rolle, produit Chimera, un assemblage de pinot noir, de merlot et de chasselas qui ne peut pas s’appeler «vin».
«Blanc sur rouge, rien ne bouge; rouge sur blanc, tout fout le camp!» À l’adage qui prétend savoir dans quel ordre boire son vin pour ne pas en pâtir (alors que l’abus d’alcool, dans quelque sens que ce soit, n’a jamais été bon pour la santé), Philippe Rosset et de son fils Adrien, vignerons à Rolle, opposent une nouvelle couleur depuis ce millésime: le «blouge».
Ni blanc ni rouge ni rosé ni orange, le blouge des Rosset – appelé Chimera – est un assemblage de vins blancs et rouges (65% de chasselas, 30% de pinot noir, 5% de merlot). «Mais cela pourrait être d’autres cépages rouges, prévient Philippe Rosset. Notre but est surtout de vendre du chasselas et de trouver de nouveaux consommateurs.» Sans étude de marché à proprement parler, le père et le fils ont questionné leur entourage. Résultats: «Les professionnels, les 60 ans et plus, les puristes, ils n’aiment pas. Les femmes et les jeunes de 25 ans, ils adorent.»
Nous avons dégusté à la rédaction et les mêmes résistances s’observent: il faut être ouvert d’esprit pour apprécier le blouge, car la boisson déroute! Au nez, on observe de la framboise, un peu de cerise, puis de la pomme verte. En bouche, la fraîcheur et la rondeur du chasselas alternent avec les tanins légers du pinot, qui apportent de la structure mais supportent une température légèrement plus basse qu’un rouge robuste.
En fait, le Chimera des Rosset – «Je voulais l’appeler Hérésie, mais c’était un peu dur», rigole Adrien, 28 ans – rappelle le clarete espagnol (vin rouge léger qui se boit frais) ou le clairet bordelais. C’est d’ailleurs dans le sud-ouest français que la mode du blouge a commencé. Des vignerons novateurs ont pensé à assembler des raisins blancs et rouges afin de rafraîchir des rouges trop puissants et riches en alcool – comme cela se fait pour les syrahs de Côte-Rôtie (jusqu’à 20% de viognier) depuis la nuit des temps – et de produire des vins polyvalents.
Grand lecteur de la presse spécialisée, Philippe Rosset a découvert cela dans le magazine «Vitisphère» l’automne passé. En mai, il mettait en bouteilles son premier blouge: 600 cols de 50 cl, en bouteilles transparentes, pour se démarquer des autres références de sa cave. «Ce n’est pas un vin de gastronomie, ce n’est pas l’idée, explique Philippe Rosset. C’est un vin de fête, idéal pour les grillades.»
Selon la réglementation en vigueur (loi sur l’agriculture et ordonnance sur le vin), ce n’est pas un vin tout court. «Un tel assemblage ne pouvant prétendre aux dénominations spécifiques des vins suisses (ndlr: vin d’appellation d’origine contrôlée, vin de pays ou vin de table), il ne peut dès lors plus que s’agir d’une boisson à base de vin», précise Julien Ducry, chimiste cantonal adjoint.
Sauf exception inscrite dans la loi cantonale, le vin rosé suisse est obtenu «à partir de raisins rouges exclusivement». Parmi ces exceptions, on trouve deux AOC: le Schiller, en Suisse orientale, élaboré à partir de cépages rouges et blancs provenant de la même parcelle et vinifiés ensemble, et l’Œil-de-Perdrix neuchâtelois, dont le pinot noir peut être coupé à 10% maximum avec du pinot gris ou blanc.
C’est un mal pour un bien: cette dénomination, «boisson à base de vin», ouvre grand le champ des possibles. «On pourrait le gazéifier, y mettre du sucre, le diluer pour baisser encore son taux d’alcool (ndlr: 12,5%), tout est libre», énumère Philippe Rosset. Pour ce premier essai, il n’a rien fait d’autre que d’assembler trois vins.
Pour le vigneron de Rolle, qui a cessé son activité parallèle de pépiniériste il y a deux ans, «il est essentiel de se remettre en question tout le temps». Sans pour autant laisser tomber le cœur traditionnel de la cave. En puriste (!), il ne produit que des monocépages (5 rouges et 4 blancs). Le pinot noir du domaine a gagné l’or au Mondial des pinots 2023, et le chasselas Clos des Truits avait fini 3e au Grand Prix du vin suisse 2004.
Depuis 2022, la cave Rosset produit également une boisson désaltérante légèrement alcoolisée (5%) à base de chasselas, de jus de pommes et d’eau minérale – le Winatypic – avec trois autres vignerons. «Depuis l’arrêt de la pépinière, j’ai commencé à aller dans les expos, témoigne Philippe Rosset. C’est une évidence, le chasselas ne se vend plus aussi bien qu’avant. Il est urgent de trouver d’autres débouchés.»
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